VISITES entre Chassieu et Colehill

 CHASSIEU - MAI 2011

À peine remis des festivités du mariage du Prince William et de Kate Middleton, 31 sujets de son altesse royale ont débarqué le 25 mai 2011 dans notre petite cité.
Pour ne pas faillir à la tradition, M. le Maire et son équipe ont souhaité, dès 18 heures, la bienvenue à nos invités au boulodrome rue du Trêve. La cérémonie d’accueil a été suivie d’une soirée « initiation à la boule lyonnaise » animée par J. Mérolle et le club bouliste de Chassieu. Anglais et français ont admiré les performances des joueurs émérites et ont à leur tour tiré et pointé. Après les prouesses sportives, tout le monde s’est installé autour des tables dressées dans le boulodrome et a savouré les spécialités culinaires préparées par les familles.

C’est à 9 heures jeudi qu’a débuté notre première visite : la verrerie de St Just St Rambert (42). Notre guide nous a tout d’abord fait l’historique de cette entreprise. C’est une ordonnance de Charles X qui créa la verrerie en 1826. Elle utilisait le sable de la Loire comme matière première, le charbon des mines de St-Étienne pour les fours de fusion et le transport fluvial pour assurer les débouchés commerciaux. Dans les années 1920, St-Gobain commença à s’intéresser au potentiel de la verrerie et prit une participation dans le capital. En 1948 elle augmenta sa participation à 50% puis à 100% en 1961 et modernisa les outils de production.
Depuis presque deux siècles, cette usine crée des verres artistiques et fournit les grands noms de l’art du verre, travaillant avec Matisse, Chagall, Peter Marino, Philippe Starck et bien d'autres encore. Ses principaux clients sont les architectes d’intérieur, les designers, les architectes du patrimoine, les verriers et les agenceurs.
Après cette entrée en matière, nous avons enfilé nos déguisements d’ouvriers de chantier : gilets jaunes phosphorescents, lunettes de soudeurs, casque et sur-chaussures. On ne badine pas avec la sécurité ! Puis nous avons emboîté le pas à notre guide et avons découvert le travail des maîtres verriers.
La nuit précédant le travail du verre, un ouvrier est chargé de faire le mélange de chaux, soude, sable et felspath. Il met ensuite ce mélange dans un four à 1350° et surveille pendant la nuit l’évolution de la fonte. Il rajoutera ensuite des oxydes pour colorer le verre.
Au poste de cueillage/soufflage, le cueilleur fait chauffer l’extrémité de la canne et prélève une masse de verre en fusion, la paraison. Il fait tourner la canne pour mettre en forme l’objet. Puis, le souffleur va souffler. Les opérations de cueillage et de soufflage vont s’alterner. Ces deux ouvriers travaillent en symbiose ; leurs gestes sont très précis et coordonnés à la seconde près car ils n’ont que quelques minutes pour donner naissance à une forme avant que le verre ne refroidisse et se fige. Une fois qu’ils ont réalisé la forme désirée, ils vont séparer le manchon de la canne. Pour ce faire, le souffleur forme un fil de verre dont il entoure le col du manchon. La réaction du chaud sur le froid va permettre de couper le verre.
À ce stade, nous nous demandions comment ce cylindre de verre pouvait se transformer en feuille de verre. Nous avons obtenu notre réponse au poste « étenderie ». Nous sommes maintenant devant un autre four de température inférieure (600°C/700°C). L’ouvrier va fendre le cylindre en passant une roulette ou un fer rouge sur la longueur du cylindre. Le cylindre est maintenant ouvert. Il est introduit dans le four et posé sur une pierre. Le verre réchauffé va redevenir malléable. À l’aide d’un polissoir en bois de peuplier l’ouvrier va aplatir sur la pierre le cylindre ouvert jusqu’à l’obtention d’une feuille de verre. Ensuite, pour éviter un choc thermique qui briserait la feuille de verre, celle-ci pour retrouver la température ambiante va passer dans plusieurs fours successifs chacun ayant à chaque fois une chaleur inférieure au précédent.
Après l’atelier, nous nous sommes dirigés vers le vaste show room, bibliothèque de verre où les volumes sont remplacés par des feuilles de verre de toute couleur. On y trouve des verres étirés, des verres soufflés, des dalles de verre, des verres imprimés, des verres dépolis, etc.

Nous avons quitté St Just St Rambert avec de belles images dans la tête et nous avons pris la direction de Saint-Bonnet-le-Château où nous attendait un copieux repas local. Pour la petite histoire, je ne résiste pas au plaisir de vous faire part du nom des habitants de ce lieu : les Sambonitains qui étaient appelés autrefois les cacamerlots.
Pour activer la digestion, certains ont opté pour la visite de cette petite bourgade médiévale. Comme elle est située sur une hauteur, un beau panorama s’étendait devant nous. Cette ancienne châtellenie comtale a conservé une partie de l’enceinte du bourg fortifié, et aligne le long de ses ruelles pavées, des maisons bourgeoises des XVe et XVIe siècles. Avec sa nef à trois vaisseaux, la Collégiale de Saint-Bonnet-le-Château présente une architecture locale en gothique forézien. Elle est surtout connue pour ses « momies » et ses peintures murales du XVe siècle.
Au Moyen-Age et à la Renaissance, la petite ville connaît un important essor industriel. Tanneurs, tisserands, travailleurs du fer et surtout les serruriers y sont légion. Après la révolution, de nouvelles industries se développent comme l’armurerie. Les armuriers commencent à supplanter les serruriers dès le XIXe siècle avec l'arrivée du chemin de fer en 1873, ligne Bonson-Sembadel. Toutefois, M. Jean Blanc perpétuera cette tradition du travail des métaux en inventant au début du XXe siècle la boule de pétanque en acier.
Saint-Bonnet-le-Château est aujourd’hui connue comme étant la capitale mondiale de la boule de pétanque. C'est en effet là que sont installées deux usines qui fabriquent 80% des boules de pétanque dans le monde. Le leader du secteur, l'entreprise Obut y a ses installations et son siège social. La ville abrite aussi un musée de la boule de pétanque que certains d’entre nous sont allés visiter.
Le musée vous propose un voyage inattendu à travers les siècles : Égypte et Grèce anciennes, temps gallo-romains, Moyen-Âge, Renaissance, Révolution, etc. Vous verrez tout d’abord une impressionnante collection de boules avant d’assister, grâce à plusieurs vidéos, à la mise en forme et à la fabrication d'une boule de pétanque.

Pour notre deuxième jour, cap au nord. Nous avons consacré notre matinée au musée du compagnonnage à Romanèche-Thorins (71). Ce musée, inscrit par l'UNESCO au patrimoine immatériel de l'humanité, présente le compagnonnage à travers la collection d’un compagnon charpentier du Devoir de Liberté, Pierre-François Guillon (1848-1923).

Il fonde en 1871 à Romanèche-Thorins une Ecole de dessin appliqué à la construction où il enseignera, pendant 52 ans, la charpente, l’escalier, la menuiserie et la coupe de pierre à des élèves venus de toute la France et de l’étranger. Après son décès en 1923, son fils fait don au Département de Saône et Loire de l’ensemble des documents et maquettes des élèves de l’École, des chefs-d’œuvre de Pierre-François Guillon et de tous les documents et souvenirs de sa vie de compagnon.
Nous savons tous que le compagnonnage est une institution de formation professionnelle née à l’époque des bâtisseurs de cathédrales, que les jeunes compagnons doivent faire le Tour de France pendant plusieurs années, afin d’enrichir leurs connaissances professionnelles et humaines, et qu’ils doivent présenter un chef-d’œuvre avant d’être reçu compagnon. Ce que nous savons moins c’est que les compagnons sont divisés suivant leurs sensibilités et leurs opinions religieuses. Il existe deux rites principaux : le Devoir, de confession catholique, et le Devoir de Liberté prônant la liberté de confession.

La visite a commencé par une exposition temporaire au rez-de-chaussée sur Victor Auclair, compagnon charpentier devenu architecte qui choisit de partir en 1907 au Chili. Fortement marqué par les tremblements de terre de San Francisco et Valparaiso en 1906, il arrive avec la volonté de poursuivre ses recherches sur un système de construction en béton armé capable de résister aux séismes. Ses calculs et ses connaissances du matériau lui permettent la mise en œuvre d’innovations esthétiques et structurelles sur les bâtiments. Rapidement reconnu pour la qualité de ses ouvrages, il participe à la construction des principaux édifices de la capitale, Santiago, entre 1911 et 1925 : l’église du St sacrement, les tribunes du club hippique, les hangars de l’aviation civile, la Bibliothèque Nationale.
Nous avons ensuite gravi un bel escalier de bois pour arriver dans une première salle consacrée au quotidien des compagnons du Tour de France. Nous avons découvert les objets compagnonniques. La canne tout d’abord. Elle est le symbole de l’itinérance, source de perfectionnement. Elle est généralement en bois ou en jonc, avec un pommeau surmonté d’une pastille gravée contenant des informations sur le compagnon : nom compagnonnique, emblèmes, ville et date de réception…

Ensuite, l’écharpe, en soie ou en velours ornée de symboles, d’inscriptions et de broderies permettant d’identifier le métier et le rite. Les couleurs des compagnons charpentiers du Devoir de Liberté étaient le blanc, le rouge et le vert. Le compagnon reçu les portait à la boutonnière, le compagnon initié en bandoulière.
Une passerelle de bois nous a ensuite conduits vers une première salle des chefs-d’œuvre. Le travail du bois y est magnifié au travers notamment d’incroyables charpentes. Une troisième salle présente des chefs-d’œuvre gigantesques, des chapiteaux de bois, des escaliers monumentaux qui permirent aux élèves de cette école de remporter de nombreux prix et leur demandèrent des milliers d’heures de travail. Nous avons pu admirer, entre autre, une superbe maquette d’un escalier autour d’une bouteille puis le chef d’œuvre d’Alexandre Morel, un escalier à double révolution et le grand chef-d’œuvre des compagnons de la ville de Lyon qui a obtenu le grand prix à l’exposition universelle de 1900.

La grande qualité de ce musée a alimenté nos conversations lors de la savoureuse pause-déjeuner au château des loges. La météo instable nous a même fait l’offrande de quelques rayons de soleil nous permettant de prendre l’apéritif dans la cour du château.

Le temps était couvert lorsque nous avons atteint notre dernière escale, le couvent Sainte-Marie de La Tourette, monument de béton brut et de verre, perché à flanc de colline du côté de L’Arbresle à 30 km de Lyon. En arrivant, devant cette construction stalinienne, nous nous sommes demandés pourquoi nos gentils organisateurs avaient prévu de consacrer une demi-journée en ce lieu. Nous avons vite perdu nos préjugés en découvrant les astuces architecturales et l’imagination de l’architecte :Le Corbusier. Il élabore un projet suivant les préceptes de la communauté dominicaine à partir de 1953 ; il y met en œuvre les cinq points de l’architecture moderne et les proportions du Modulor, un système de mesures harmoniques d'intérieurs d'immeubles, basé sur les mensurations et proportions d'un homme d'1 mètre 83 bras croisés, 2 mètres 26 les bras levés, silhouette humaine standardisée servant à concevoir la structure et la taille des unités d'habitation. Le chantier, débuté en 1956, est confronté à des difficultés de financement. Le couvent est finalement inauguré en octobre 1960.
Le principe hors-sol de cette construction sur pilotis permet de conjuguer l'organisation horizontale des espaces intérieurs avec la forte déclivité du terrain. Sur la base d’un quadrilatère fermé autour d'une cour intérieure, plan traditionnel du couvent. Le Corbusier a réinterprété ce lieu de vie et de culte. L'ensemble conventuel comporte une église, un cloître, une salle de chapitre, des salles de cours, une bibliothèque, un réfectoire, des parloirs, des cuisines et une centaine de cellules individuelles, le tout en béton armé brut de décoffrage. Le jeu des couleurs vives sur les portes et les tuyauteries apparentes contraste harmonieusement avec la simplicité et l’absence de décoration. Mais ce qui frappe en particulier, ce sont les jeux de lumière qui animent le bâtiment.

Sa conception est le fruit d'une collaboration étroite de Le Corbusier avec son associé Iannis Xenakis, compositeur et architecte, qui s'est particulièrement impliqué dans la création harmonique des vitrages verticaux sertis dans des panneaux géométriques de béton qui illuminent certaines parties. Ils offrent une large perspective sur le paysage environnant. Les pans de verre de type Mondrian ouvrent au contraire sur l’intérieur du couvent par un damier de panneaux de verre et de béton peint de couleurs vives, créant des effets d’ombre et de lumière.


Réalisée avec une économie drastique, l'église fait l'objet d'un programme spécifique sur la lumière. Son éclairement et celui des chapelles en absidioles, est traité au moyen d'un dispositif multiple de puits de jour conçus comme des cheminées. La lumière dans cette église est une prouesse architecturale. Ces lieux surprennent par leur dépouillement : nulle statue ni ornement ne viennent distraire le regard. Les cellules des frères dominicains mettent en application l'optimisation d'un espace individuel minimal, adaptant le principe modulaire de Le Corbusier. L'oratoire est en béton brut, posé sur une double équerre en forme de croix et couvert d'un petit clocher pyramidal.
La Tourette héberge aujourd’hui une dizaine de frères dominicains qui ont tous un emploi à l’extérieur du convent et accueille de nombreux évènements culturels, des retraites, des séminaires etc.Cette visite a suscité bien des débats. La conception originale de l’édifice en a choqué plus d’un. Mais il faut reconnaître que son aspect épuré est en accord avec le vœu de pauvreté des dominicains et il s’en dégage une grande sérénité. Le couvent fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le11décembre 1979. Il est également labélisé  « patrimoine du xxème siècle.

Après deux journées intenses, la journée de repos de samedi était la bienvenue. Vers 19 heures, la salle des fêtes nous a tous réunis à nouveau pour la soirée d’adieux. Après les échanges de remerciements traditionnels, Yves Durêve, accompagné par son orgue de Barbarie, a chanté, mimé et fait chanter les convives. Les Anglais ont ainsi pu découvrir le répertoire des chansons de nos aînés.
Une dernière collation ensemble dimanche midi et il était déjà l’heure de se quitter. En cinq jours, notre vocabulaire anglais s’était enrichi, et dans le hall de l’aéroport nous étions presque « fluent ». Mais qu’en restera-t-il en mai 2012 quand nous nous envolerons à notre tour pour Coleshill ?

 

COLESHILL - JUIN 2010

Une fois encore, COUPE DU MONDE DE FOOT oblige, les villes et villages d’Angleterre étaient pavoisés lors de notre arrivée dans le Warwickshire le mercredi 2 juin 2010.

Cette année, les français candidats au déplacement vers Coleshill étaient nombreux ; pas moins de 31 « frenchies » désireux de mettre en pratique leurs connaissances de la langue de SHAKESPEARE et, parmi eux, beaucoup de nouveaux ! Mercredi vers 16 H, rendez-vous était donné à tous au MARKET HALL où Madame le Maire de Coleshill nous a souhaité la bienvenue. Nous avons ensuite levé nos verres à l’amitié franco-britannique.

Jeudi matin, à 9 heures 30, nous montions tous dans le car qui allait nous emmener vers COSFORD et son magnifique musée de la ROYAL AIR FORCE. Depuis 1938, ce lieu héberge un centre technique aéronautique et un centre de formation de pilotes. Aujourd'hui, les grands hangars du musée abritent de nombreux appareils témoins des progrès de l'aviation mondiale : des premiers vols des pionniers de l'aviation jusqu'à l'Eurofighter, en passant par les Messerschmitt allemands et les bombardiers nucléaires. Une grande place est faite également à l'histoire de la ROYAL AIR FORCE, la plus ancienne armée de l'air du monde, créée en 1918, et à une exposition nous rappelant ce qu'était la guerre froide derrière le rideau de fer. Vous l'aurez compris, nous n'avons pas pu tout voir ; il faudrait plusieurs jours pour faire le tour de toutes les collections du musée.

Notre prochaine étape était PARK HOUSE HOTEL, demeure élégante du 17ème siècle, où nous attendait un repas copieux et délicieux.

Nous avons ensuite repris l'autoroute pour visiter l'arboretum. Mais c'était sans compter avec les travaux et les embouteillages. Coincés dans la circulation, avançant à une vitesse d'escargot, nous avons maudit les rayons ardents du soleil. Heureusement, notre gentil organisateur, Brian, avait tout prévu. Il nous a distribué les paroles de chansons anglaises et françaises et tout le car a entonné à tue-tête les succès de nos deux pays. Pendant que nous chantions le temps passait et il s'est soudain avéré qu'il était trop tard pour espérer visiter l'arboretum. Il était temps de rejoindre Coleshill.

Vendredi matin, cap au sud-est pour découvrir BLETCHLEY PARK. Autant le dire de suite, nous avons tous adoré cette visite. Dans un premier temps, nous avons été séduit par le manoir, mélange assez réussi de style victorien gothique, de style Tudor et de baroque hollandais. Puis, nous avons bu les paroles de notre guide français qui nous a révélé le rôle de ce lieu pendant la seconde guerre mondiale.

Cet endroit fut le quartier général des services de renseignements britanniques et les activités qui s'y déroulaient sont restées "top secret" pendant 30 ans. Au début des années 1940, les meilleurs spécialistes anglais, dont Alan Turing, furent rassemblés en grand secret à Bletchley Park, où leur tâche principale fut de décrypter les messages allemands codés par les machines ENIGMA et LORENZ. Travail de Titan quand on sait que les clés changeaient tous les jours à minuit. Heureusement, des mathématiciens polonais avaient percé le principe du code d'ENIGMA en 1933 et l'avaient transmis aux britanniques en 1939. Muni des précieuses informations et de la réplique d’Enigma, et ayant constaté qu'Enigma pouvait facilement être simulée par leurs TYPEX, le GC and CS (Governement Code and Cypher School) se mit au travail. Ils disposaient de moyens énormes - dont de gigantesques machines à calculer fabriquées tout spécialement (les bombes). Nous avons d’ailleurs pu voir deux spécimens reconstruits pour les besoins du film « ENIGMA » réalisé en 2001 par Michael APTED et produit par Mick JAGGER.
L’analyse des messages avait montré que certains mots passe-partout se retrouvaient systématiquement dans les messages, souvent au même endroit. Le travail consistait alors, en essayant toutes les combinaisons sur les "bombes", à retrouver celle qui dévoilerait un des mots passe-partout.

Parallèlement à l'activité cryptologique sur Enigma, Turing a aussi contribué à la conception par Newman et ses collaborateurs d'une machine nommée Colossus. Ce premier embryon d'ordinateur permit le déchiffrage de la correspondance du haut commandement allemand.

Machine spécialisée, programmée par panneau, Colossus n'était pas encore un ordinateur, mais en possédait déjà plusieurs fonctions :
mémoire interne (registres),
branchements conditionnels,
logique modifiable,
fonctionnement automatique.
Les spécialistes la comparent à l'ENIAC qui, bien que beaucoup plus grosse, avait une structure tout à fait comparable. Contrairement à l'ENIAC qui bénéficia d'une large publicité, Colossus resta longtemps ignoré car la dizaine de machines  originales furent détruites après la guerre afin que leur fonctionnement reste secret. Cependant, sur la base d'une poignée de photographies et de quelques schémas électriques, qui avaient été illégalement gardés par quelques ingénieurs, le britannique Tony Sale conduisit un projet de reconstruction d'un Colossus. Ce projet aboutit en novembre 2007, après 14 ans de travail, et aujourd'hui nous avons vu, après 60 ans de mort apparente, un Colossus à Bletchley Park. Un grand merci au Comité de jumelage anglais de nous avoir fait découvrir cet épisode étonnant de notre histoire commune !

Dans le car qui nous emmenait ensuite vers STOKE BUERNE, les conversations allaient bon train et tous ces Messieurs faisaient des calculs savants pour déterminer les probabilités qu'avaient les déchiffreurs pour "cracker" le code.

Nous avons déjeuné dans un charmant village au bord d'un canal et nous nous sommes tous extasiés à la vue des maisons à toit de chaume finement décoré. Après le déjeuner, une partie du groupe embarquait à bord d'une péniche pour une promenade le long du petit canal pendant que les autres investissaient le petit musée des canaux, installé dans un ancien moulin, et découvraient la vie des bateliers. Nous avons appris que les voies d'eau en Grande Bretagne, au plus fort de leur activité, comptèrent plus que 4000 miles et comme le transport par voie d'eau était moins onéreux et plus efficace que le transport routier, les voies d'eau furent essentielles lors de la révolution industrielle. Malheureusement, le développement du chemin de fer sonna le glas du transport fluvial commercial et aujourd'hui, les canaux servent surtout pour les loisirs. Ensuite, arrêt obligatoire à la boutique du musée, véritable caverne d'Ali Baba renfermant des cadeaux "so british" qui a connu un vif succès auprès de la gente féminine.

Après une journée aussi bien remplie, le retour en car nous offrait l'opportunité de recharger les batteries afin d'être en pleine forme pour profiter de la soirée chez nos hôtes qui se prolongerait tard dans la nuit.

Pas de figure imposée le samedi ! Détente dans un jardin pour les uns, visite de Birmingham pour d'autres ou encore courses au supermarché local pour faire le plein de thé, de marmelade, de Stilton ou de Whisky.

Vers 18 H 30, en haut de forme ou robe de cocktail, nous montions dans notre taxi qui nous emmenait au Maxstoke Golf Club où se déroulait notre soirée d'adieu. Et oui ! Une fois encore, nous avons apprécié le civisme de nos amis anglais qui, n'ayant pas de "Sam", choisissent de laisser leur véhicule au garage pour ne pas risquer de provoquer un accident en état d'ivresse...

Le beau temps étant de la partie, nous avons pris l'apéritif au soleil dans un cadre idyllique. Avant d'entamer le repas, les présidents des jumelages ont échangé remerciements et bouquets de fleurs. Le jumelage de Chassieu a offert à Coleshill des petits présents destinés aux gagnants de leur loterie (poster des vignobles français, DVD, nécessaire à saucisson, râpe à fromage, boîte herbes de Provence, boîte fleur de sel, etc...). Après un dîner succulent, tous les convives se sont retrouvés sur la piste de danse pour la Macarena et la danse des canards. Les danseurs étaient épuisés lorsque les douze coups de minuit ont retenti. Vite, vite, chacun a repris son carrosse avant qu'il ne se transforme en citrouille.

Le lendemain, au réveil il a fallu s'atteler aux valises ! Puis, nous nous sommes tous rendus à la garden party, non pas de l'Elysée mais de Malcolm et Anita BUTLER qui nous faisaient le plaisir de nous accueillir dans leur magnifique parc. Le soleil dardait de ses rayons la jolie propriété et les tables de la véranda croulaient sous les salades, les quiches, les tartes et les scones. Les convives joyeux passaient au point de ravitaillement et s'éparpillaient ensuite dans le jardin. Nous avons vraiment passé un très agréable moment avec tous nos amis.

Bien sûr, un rabat-joie soudain s'est exclamé : "vite il est temps de partir pour l'aéroport !" Le charme était rompu, retour à la réalité ! Sans vraiment réaliser, nous nous sommes retrouvés dans la queue pour l'embarquement puis dans notre avion presque privé. Des trombes d'eau nous accueillaient à notre arrivée à Lyon ; les vacances étaient bien finies !!!

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